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mardi 7 février 2012

Ouf, un coup de vieux!


On sait tous que le Royaume-Uni et l’alcool vont souvent l’un avec l’autre. Ce dont on ne se doute pas, par contre, lorsqu’on habite sur le continent nord-américain, c’est que l’Angleterre a en fait un problème d’alcool. Elle ne boit pas avec modération et surtout pas sa jeune population. Bien sûr, ne généralisons pas…mais faisons-le un peu.

Lorsque j’ai abordé le sujet de la consommation d’alcool avec mes élèves, j’étais loin de me douter que je ne les regarderais plus jamais de la même manière. Je crois qu’il m’est soudainement approprié de dire : «Dans mon temps, on ne buvait pas autant.»

Oui, du haut de mes vingt-deux ans tout neufs, je me suis sentie vieille. Pire encore, je me suis sentie d’une toute autre époque où l’on consommait de l’alcool pour tout simplement en apprécier le geste et l’expérience de boire un verre entre copains.

Aujourd’hui, en sol anglais, les jeunes consomment de l’alcool pour être saouls et pour volontairement se mettre dans un état des plus vulnérables possibles. Ils sont inconscients des dangers qu’une trop grande consommation d’alcool pourrait leur apporter. Il y a même un nom pour ce nouveau phénomène : le Binge Drinking. Cela consiste à boire le plus d’alcool possible, le plus vite possible. On veut être saoul, à tout prix!

Lorsque j’ai demandé à mes élèves pourquoi les jeunes anglais buvaient autant, ils m’ont répondu que c’était pour oublier le stress de l’école et des demandes d'admission aux universités. Je ne sais pas jusqu’à quel point cette raison est vraie et valable, mais je la trouve triste. Se servir de l’alcool comme échappatoire quand on a seize ans se rapproche beaucoup de l’alcoolisme. C’est alarmant.

Maintenant très touchée par le sujet, je m’intéresse à tout ce qu’on dit à propos du Binge Drinking en Angleterre. Je me suis même mise à suivre une série documentaire sur le sujet : Party Paramedics (Channel4). On y voit de jeunes anglais dans des moments glorieux de leur vie ­–  au cas où vous ne vous en doutiez pas, cette phrase est sarcastique – apprendre à la dure les effets d’une consommation excessive d’alcool. Lorsque l’équipe de production leur demande pourquoi ils boivent autant, les jeunes fêtards expliquent qu’ils travaillent du lundi au vendredi, sont stressés ou ennuyés par leur emploi et quand vendredi arrive, ils veulent tout simplement passer du bon temps et oublier la semaine qui vient de s’achever. Ils travaillent alors pour les weekends et ils boivent pour oublier qu’ils travaillent.

Je ne peux m’empêcher de m’inquiéter pour mes élèves qui boivent déjà pour oublier l’école. Que se passera-t-il lorsqu’ils seront sur le marché du travail et que la présente récession les obligera à trouver un emploi ennuyant ou à vivre sur l’assurance sociale? J’imagine qu’en tant que leur assistante de FLA, je n’y peux absolument rien. Je peux seulement les écouter me raconter leurs weekends et tenter de leur donner des conseils sensés. Oui, à vingt-deux ans, on peut maintenant parler d’expérience et veiller à ce que nos élèves prennent la bonne direction.

Mais les ados, resteront toujours des ados. Ils faut donc les laisser aller et s’en détacher tout en leur faisant confiance.

jeudi 13 octobre 2011

De la CCTV à la Télé-Réalité


Bien que je sois à 30 minutes de Londres, je passe quand même toutes mes soirées en pyjama à regarder la télévision anglaise avec ma colocataire. Ce n’est pas que je sois pantouflarde, d’accord oui peut-être un peu, mais c’est juste que la télé anglaise est si captivante! Je vais tenter ici de convaincre le plus sceptique d’entre vous.

Il règne ici un culte énorme à la télé-réalité. Effectivement, il existe une multitude d’émissions télévisées de ce genre. Avec cet engouement pour la réalité à la télévision anglaise, je ne peux m’empêcher de faire un lien avec mon précédant message et la prédominance des caméras de surveillance de CCTV. En effet, les Londoniens vivent en permanence dans une télé-réalité. Il est donc normal, selon moi, que leurs programmes télévisés en soient composés.

C’est ma colocataire qui m’a introduit à la télé-réalité anglaise. Mon initiation a d’abord commencé avec un classique : The X-Factor (présenté à ITV2). Rien de moins, quand même! Bien que je n’aie jamais regardé un seul épisode de cette émission avant de mettre les pieds en sol anglais, je connaissais déjà son concept : Seize participants répartis dans différentes catégories (The Boys, The Girls, The Groups et The Over 25’s) chantent et se battent pour la première place et pour mériter le titre du prochain X-Factor. On peut peut-être l’apparenter à toute la série des Idols à la différence près que ce n’est pas le public qui a le dernier mot. Bien sûr, le public doit voter pour son concurrent favori, mais les juges doivent choisir lequel des deux participants ayant reçu le moins de votes partira. The X-Factor a un petit quelque chose de plus que les Idols : du talent pur, comme la jeune Janet Devlin qui n’a seulement que 16 ans, mais qui vient de se tailler une place dans le monde de la musique grâce à l’émission. Il est impossible de ne pas avoir un candidat préféré. Émotions assurées à chaque soir d’élimination.


Parlant d’émotions, ma soif de Drama a été étanchée avec Made In Chelsea (présenté à e4). Ce reality soap prend forme dans le quartier huppé de Londres: Chelsea. Chaque épisode, à ce que j’ai compris, met en scène différents personnages/personnes (je ne sais même pas comment les appeler) dans des scènes de leur quotidien. On les voit donc «dramatiser» chez le coiffeur, dans un café, dans un club, dans une boutique, dans une soirée mondaine et même en jouant au ping-pong. Chaque épisode commence avec une citation d’un des personnages. Lors du premier épisode, en mai 2011, la citation d’ouverture mettait déjà en contexte l’action de la série réalité :

You may have heard rumours that Chelsea is an exclusive world of royals, aristocrats and playboys. Where the gossip is as startling as the prices. Well it's all true, and I'd know. I'm Caggie Dunlop and this is my world. You might say that we've got it all, but having whatever you want can make choosing that much more tricky. In Chelsea the truth is more fabulous than fiction. This is our life.
- Caggie

Dans la même lignée, mais Oh combien plus captivant que Made In Chelsea, il y a mon coup de cœur, mon plaisir coupable : The Only Way Is Essex (présenté à ITV2). Il y a plus de faux seins, de faux bronzages, de fausses rallonges de cheveux et de faux cils dans cette série réalité que vous n’en verrez dans toute votre vie!

Le concept de cette émission est de mettre en scène des gens réels dans de fausses situations sans texte écrit, mais structuré. On a donc le droit d’assister à des ruptures salées, des trahisons amoureuses et amicales, des disputes de filles, des scandales et des potins, beaucoup de potins. C’est tout à fait génial! Je ne dois pas être la seule à penser ainsi, parce que l’émission a remporté un prix de la BAFTA (British Academy of Film and Television Arts) cette année.
Pas mal n’est-ce pas !

On n’expose pas tout ce faux sans créer de controverse bien sûr. Depuis sa parution en octobre 2010, la série a soulevé tout un émoi, entre autre chez les citoyens de Essex. Ils lui reprochaient de montrer une fausse perception de la vie des gens de la région. Mais n’est-ce pas le but de l’émission? Faux ou pas, The Only Way Is Essex est un vrai bonbon pour l’esprit.

Alors, est-ce qu’il est possible de faire un lien entre l’abondance de télé-réalité en Angleterre et la constante surveillance qui y règne? Il est certain que cette dernière est un aspect énorme de la culture anglaise, surtout londonienne, mais peut-être n’y a-t-il là aucun lien à faire avec leur culte de la télé-réalité. Après tout, il ne s’agit qu’un divertissement comme les autres n’est-ce pas?